Faire ses courses avec zéro déchet

Acheter son alimentation sans emballage, c’est devenu plus facile aujourd’hui : petit mode d’emploi

L’Europe a enfin adopté de nouvelles directives pour réduire les emballages dans nos magasins. Il était temps : cinq mille milliards de tonnes de sacs plastiques traînent dans les océans pour y former des continents flottants. Mais restons lucides quelques instants. Même si les objectifs de chaque État européen semblent à la hauteur de l’effort qu’il faudra fournir, nous savons que les échéances sont prévues pour fin 2040. C’est beaucoup trop tard ! De son côté, la France a priorisé 2 axes législatifs : inciter au recyclage et favoriser l’achat en vrac. L’incitation à recycler ne concerne que des industriels capables de mettre en place une filière rentable. Encourager le vrac s’est traduit par une obligation pour la grande distribution : réserver 20 % de la surface des magasins aux produits sans emballage. Mais là aussi, avec des échéances à 10 ans. Certains commerçants pensent qu’on ne peut plus attendre. Il nous faut apprendre à consommer autrement et faire nos courses avec zéro déchet dès aujourd’hui. Ceux-là ont fait le choix de vendre en vrac. Tour d’horizon de ce qui est proposé près de chez nous.

Préparer sa liste de course

Avant de savoir ce qu’on va acheter, il est préférable de savoir ce qu’on veut manger. Construire ses menus pour la semaine est donc un impératif. Il faut avoir connaissance de ce qu’on détient dans son placard et dans son frigo. Cela semble logique à priori, mais combien de fois se pose-t-on la question devant le rayon : reste-t-il encore une plaquette de beurre ou pas ? Dans le doute, on met le produit dans son chariot pour s’apercevoir une fois rentré chez soi… qu’on en avait déjà ! :-(

Donc, il convient de dresser une liste de courses [sur son smartphone par exemple]. À partir de cette liste, vous saurez combien vous devez acheter et donc quel contenant emporter avec vous. Vous ne prendrez que la quantité dont vous avez besoin. Ni plus, ni moins. C’est l’un des principes de base de l’achat en vrac.

Choisir les contenants en fonction de ce qu’on achète et faire ses courses avec zéro déchet

Si l’on reste cohérent jusqu’au bout, il convient d’éviter d’utiliser des emballages en plastique, mais plutôt des bocaux ou boîtes en verre et bien sûr hermétiques. Mais ce n’est pas toujours évident. Le talibanisme écologique peut avoir ses limites. Il n’est pas aisé de transporter des fromages ou de la crèmerie sans avoir recours à des contenants tout en plastique. Voici donc une liste plutôt « prosaïque » des contenants nécessaires. Vous allez vous apercevoir qu’on a presque déjà tout chez soi :

  • L’inégalable cabas en osier souple qui nous a servi sur la plage cet été. Une reconversion lui fera du bien. Il sera idéal pour les fruits et légumes [pommes, poireaux, salades], et pour le transport de tous les autres contenants plus petits. Nos grand-mères en possédaient toutes un. Aller faire un tour chez votre aïeul avant d’en acheter un sur internet. Elle en possède sûrement un qu’elle pourra vous céder.

  • Un sac en toile du genre Tote Bag. C’est le genre de sac en toile lavable qui sert de goodies à bon nombre d’entreprises. Pour le coup, vous allez vous transformer en panneau publicitaire ambulant, mais le sac servira toutes les semaines. Ce genre de sac n’a aucune valeur marchande dans la plupart des cas. Vous en trouverez certainement un chez vous en tissu ou toile de jute.

  • Des petits sacs en tissu ou toile de jute. Là, c’est plus compliqué. Vous pouvez les fabriquer avec des chutes de tissu, mais vous devez avoir des connaissances en couture. Vous pouvez aussi les acheter chez votre commerçant qui aura toujours une solution à vous proposer pour démarrer vos achats en vrac. Lavables, légers, et recyclables presque à l’infini, c’est l’idéal pour les légumes secs, les graines biologiques en tout genre ou certaines épices.

  • Les Bocaux et bouteilles en verre. Incontournables. Ils apparaissent comme les plus utilisés et les plus réutilisables ; bref, les plus pratiques. Condiments humides, liquides en tout genre, lessive, céréales, la liste est sans fin. Collez une étiquette dessus pour identifier la date d’achat et le tour est joué. Un bémol tout de même : ils peuvent peser lourd une fois remplis. Mais le but du jeu est d’acheter au fil de vos besoins et non de remplir des emballages gros format.

Se servir de la balance : un vrai jeu d’enfant

Comme sur le marché du dimanche, il faut peser la tare [le poids de votre contenant]. Mais pour une fois, le ou la marchande, c’est vous !

  • Vous pesez le contenant vide.

  • La balance édite une étiquette avec le poids du contenant que vous collez sur celui-ci.

  • Vous remplissez vos contenants et quand vous pesez votre marchandise, la balance déduit le poids de l’emballage. Une étiquette est imprimée avec toutes les informations dont vous pourriez avoir besoin : prix, poids, date de péremption, composition, mode de cuisson.

C’est simple, ludique et rapide. Dans la plupart des magasins de vente en vrac, des explications avec de jolis pictogrammes vous montrent comment pratiquer. Quoi qu’il en soit, soyez sans crainte, vous n’êtes en aucun cas dans un hypermarché… c'est à dire seul(e) face à la balance ; vous avez toujours la possibilité de vous faire aider par le commerçant sur place. Parfois, il est possible de bénéficier d’une présentation en vidéo comme le propose le site WEVRAC. Dans ce cas précis, tout est expliqué en 3 gestes ; un vrai jeu d’enfant.

Trouver un magasin qui vend du vrac près de chez vous

Vous trouverez sur le site du réseau vrac et sur cartovrac, toutes les informations et les emplacements pour trouver une boutique de vente en vrac près de chez vous. Dans l’idéal, il convient de privilégier les boutiques indépendantes qui tentent de réaliser du 100 % en vrac. Le contact avec le commerçant y est moins impersonnel que dans un supermarché d’enseigne nationale. Le nec plus ultra reste la boutique qui a choisi la solution vrac et bio en même temps. Vous consommez en réduisant vos déchets, donc avec moins de gaspillage et vous mangez plus sain, donc c’est mieux pour votre santé. Dans les 2 cas, c’est bénéfique pour la planète et votre porte-monnaie puisque vous ne payez pas l'emballage.

À vous de concrétiser par des actes quotidiens votre engagement afin de lutter contre la dégradation progressive du climat et l’état général de la planète. Chacun à son niveau, nous pouvons actionner le frein et refuser la vision mercantile des grands groupes de l’agroalimentaire. Rien de politique, pas de fanatisme dans ce discours. Mais soyons objectifs : nos parents ne nous ont pas laissé la planète dans cet état. Si on ne fait pas mieux que maintenant, notre descendance nous accusera d’avoir voulu rester aveugles. Et il est tellement simple de changer les choses avec des petits gestes de bons sens.



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